Le DLSS 5 n’augmente pas le nombre d’images par seconde, mais consomme jusqu’à 70 % de puissance. En contrepartie, la nouvelle technologie de Nvidia élimine l’aspect « plastique » dans les jeux.
Quand on pense au DLSS, on y associe généralement une chose avant tout : plus d’images par seconde.
Mais avec le DLSS 5, Nvidia bouleverse en quelque sorte cette donne. D’une certaine manière, tout ce que le DLSS représentait jusqu’à présent n’était que le prélude au DLSS 5.
En effet, dans NBA 2K27, cette nouvelle technologie entraîne une perte de performances considérable sur notre GeForce RTX 5080 Founders Edition. En contrepartie, elle modifie sensiblement le réalisme des personnages et des textures.
Le DLSS 5 intervient davantage sur l’image
La dernière version du Deep Learning Super Sampling met l’accent sur ce qu’on appelle3D-Guided Neural Rendering. Cette technologie exploite les données du moteur de jeu concerné afin d’affiner, à l’aide d’un modèle neuronal, la peau, les cheveux, l’éclairage, les ombres portées et les textures.
La géométrie et la structure de base sont conservées. Le rendu neuronal guidé en 3D intervient en tant que dernière étape du pipeline de rendu, en utilisant l’image générée et les données du moteur.
Il en résulte que les visages paraissent nettement plus réalistes et plus sculptés, en particulier dans les gros plans. La peau réagit de manière plus crédible à l’éclairage de la salle, la barbe et les cheveux gagnent en profondeur, pour ainsi dire, et les différents tissus se distinguent mieux les uns des autres.
Cela ne veut toutefois pas dire que NBA 2K27 soit moins beau sans le Neural Rendering. Ce n’est pas le cas. Simplement, en comparaison directe, l’aspect légèrement cireux
typique des personnages ressort davantage.
Sous un angle de vue normal, légèrement en biais par le haut, la différence est donc moins perceptible que dans les rediffusions, les séquences intermédiaires et les gros plans.
Mais même là, on la remarque. Même les spectateurs semblent plus contrastés et plus saisissants.
Le prix à payer est énorme
Sans Neural Rendering, notre RTX 5080 atteint en moyenne 171,5 FPS en 4K, avec le préréglage Ultra et le ray tracing poussé à fond, lorsque le DLSS Super Resolution est activé en mode Qualité.
Si l’on active cette nouvelle technologie, il ne reste plus que 53 images par seconde. Sans parler de ce 1 % des FPS les plus bas, qui n’atteignent que 39,2 FPS dans ce scénario.
Mais comme nous l’avons déjà mentionné, le DLSS 5 n’est pas tombé du ciel du jour au lendemain. Nvidia a développé et perfectionné pendant des années tout un ensemble de techniques destinées à combler cette lacune.
Sur notre RTX 5080, outre le DLSS Super Resolution en mode qualité, la double Multi Frame Generation suffit à faire passer la fréquence d’images moyenne de 53 à 94,9. Nous n’avons constaté aucun artefact d’image.
Sans Neural Rendering, nous mesurons même 268 FPS.
La perte de performances reste donc considérable – de l’ordre de 65 à 70 % environ.Cela pourrait s’expliquer par le nombre important de spectateurs ainsi que par les joueurs sur le terrain. Mais il ne s’agit pour l’instant que de pure spéculation et il faudra attendre pour en avoir le cœur net.
Nvidia sacrifie la performance au profit de la crédibilité
Et c’est précisément là que réside l’évolution intéressante, la direction que prend Nvidia avec le DLSS 5.
Lorsque Nvidia a présenté le DLSS en 2018 et l’a introduit début 2019, notamment dansBattlefield 5, les premières versions souffraient encore de textures floues et de problèmes de qualité évidents. Mais Nvidia a rapidement amélioré cette technologie, l’a perfectionnée et, au fil de plusieurs générations, elle est devenue l’outil incontournable pour les hautes résolutions et le ray tracing.
Ont ensuite suivi la Frame Generation, la Ray Reconstruction, la Multi Frame Generation (MFG) et, parallèlement à cette dernière, un nouveau modèle d’IA pour la super-résolution, la Ray Reconstruction et le DLAA. Il y a quelques mois seulement, la deuxième itération de la génération Transformer a vu le jour, ainsi que, simultanément, le Dynamic MFG et le MFG 6X.
Avec le DLSS 5, cette boîte à outils s’enrichit d’un outil qui ne se contente plus de reconstruire ou de générer des images intermédiaires, mais qui contribue fortement à façonner le contenu final de l’image.
Seulement, la facture est pour l’instant encore très élevée.
NBA 2K27 dispose de suffisamment de réserves de puissance pour compenser cette baisse de performances grâce au DLSS Super Resolution et à la Multi Frame Generation.
Il est pour l’instant impossible de dire avec certitude si cela fonctionne aussi bien avec des jeux qui sont de toute façon davantage limités par le GPU. Des mods, grâce auxquels le rendu neuronal a déjà été implémenté dans divers jeux, fournissent toutefois des indications.
Les premiers mods montrent des changements parfois très marqués, en particulier sur les jeux plus anciens. Dans le même temps, l’âge peut constituer un avantage en termes de réserves de puissance.
Reste toutefois à voir si la perte de performances deviendra un problème dans d’autres jeux et d’autres implémentations.
Dans l’ensemble, NBA 2K27 illustre toutefois assez bien la direction dans laquelle Nvidia souhaite faire évoluer le rendu en temps réel dans les années à venir.

