La divulgation de nouveaux dossiers concernant le délinquant sexuel Jeffrey Epstein secoue également l’industrie du jeu vidéo. Dans ces documents, l’ancien développeur en chef de GTA, Leslie Benzies, est accusé d’agression sexuelle. Le directeur de Rockstar, Sam Houser, aurait été au courant.
Mise à jour du 03/02/2026 :
Leslie Benzies a publié une déclaration qui Kotaku :
Ces accusations sont fausses. J’ai eu une relation consensuelle de trois mois avec cette personne [ndlr : il s’agit de Sarah Ransom] et je n’ai jamais rencontré Jeffrey Epstein, ni visité son île ou ses propriétés, ni pris son avion. Toute affirmation contraire est trompeuse.
Message original : du 02/02/2026
Fin janvier, le ministère américain de la Justice a publié environ trois millions de pages supplémentaires d’actes d’enquête sur les abus commis par le délinquant sexuel décédé Jeffrey Epstein.
On y trouve non seulement les noms de personnalités telles qu’Elon Musk, Bill Gates ou le prince Andrew, désormais démis de toutes ses fonctions, mais aussi, apparemment, au moins deux noms connus de l’industrie du jeu vidéo :
Il s’agit de Sam Houser, actuellement président de Rockstar Games, et de l’ancien développeur en chef de GTA, Leslie Benzies, qui dirige désormais le studio Build a Rocket Boy. Ce dernier est accusé d’agression sexuelle dans les dossiers désormais rendus publics.
De quoi s’agit-il concrètement ?
Les accusations portées contre Benzies proviennent d’un échange d’e-mails de Sarah Ransomed, une victime confirmée du réseau d’abus sexuels d’Epstein et de Ghislaine Maxwell. Dans un e-mail datant de 2023, Ransome décrit comment Benzies l’aurait également agressée sexuellement en 2006, alors qu’elle était en couple avec lui.
Les e-mails constituent des preuves dans les procédures engagées contre Jeffrey Epstein et son ancienne petite amie Ghislaine Maxwell. Ils ont été utilisés dans le procès par l’ancien avocat d’Epstein, Alan Dershowitz, pour prouver le manque de crédibilité de Ransome, car elle mentionne dans un e-mail datant de 2024 diverses sex tapes dont elle avait auparavant nié l’existence (via BBC).
Dans sa déclaration, Ransome écrit que Benzies l’aurait contrainte à avoir des relations sexuelles après lui avoir jeté de l’argent, un comportement qu’elle interprète comme une inspiration pour les scènes correspondantes avec des prostituées dans la série GTA. Selon ses propres déclarations, elle aurait été sous l’emprise de la drogue à ce moment-là.
Benzies lui aurait rendu visite à plusieurs reprises à New York et aurait été au courant de sa situation dans l’entourage de Jeffrey Epstein. Il aurait également fourni à Ransome les moyens nécessaires pour se rendre à New York en septembre 2006.
Le président de Rockstar, Sam Houser, est également mis en cause dans ce contexte, bien qu’indirectement. Ransome affirme avoir rencontré Houser « d’innombrables fois » pendant la période où elle était avec Benzies. Elle laisse entendre que Houser et d’autres employés de Rockstar North étaient au courant de ce qui se passait « en coulisses » et se dit surprise qu’aucune action collective n’ait encore été intentée contre la direction du studio.
Nous avons intégré le passage concerné ci-dessous :
Rockstar North, Sam Houser et Leslie Benzies sont mentionnés dans la tristement célèbre liste E-files. Plus précisément dans la « liste des témoins » (NSFW)
par
u/RojaTop dans
GamingLeaksAndRumours
Important : la présomption d’innocence s’applique
Le fait d’être mentionné dans les « Epstein Files » ne constitue pas une preuve d’implication directe dans son réseau d’abus ou de comportement punissable. Les documents contiennent des procès-verbaux, des e-mails et des déclarations qui ont été rassemblés pour le procès et qui ne sont pour l’instant pas filtrés. Ni Leslie Benzies ni Sam Houser n’ont jusqu’à présent été inculpés ou condamnés en rapport avec ces accusations.
Publication différée
Le fait que ces informations ne soient rendues publiques que maintenant s’explique notamment par le volume considérable des dossiers. En réalité, les dossiers Epstein devaient être entièrement rendus publics dès la mi-décembre 2025.
Cependant, de nombreux noms figurant dans les documents proviennent de témoins, d’enquêteurs ou de personnes qui ont simplement fréquenté l’entourage d’Epstein sans être eux-mêmes des auteurs d’infractions. Afin de protéger les droits personnels des personnes concernées, la divulgation se fait désormais par étapes, après que les informations prétendument personnelles aient été caviardées.
Les dirigeants de Rockstar ne sont d’ailleurs pas les seuls liens avec l’industrie du jeu vidéo dans les dossiers. Un autre document révèle par exemple que Jeffrey Epstein a été banni du service Xbox Live de Microsoft en 2013. La raison invoquée serait « harcèlement grave et répété » et menaces à l’encontre d’autres joueurs.
Ces accusations arrivent à un moment délicat pour Rockstar. En effet, l’image publique du développeur de GTA est actuellement ternie. L’automne dernier, on a appris que Rockstar avait licencié plus de 30 développeurs, prétendument pour empêcher la création d’un syndicat au sein de l’entreprise. La prochaine grande lueur d’espoir, GTA 6, a également été reportée de six mois. Et maintenant, la société se retrouve confrontée à une nouvelle crise de relations publiques.
Jusqu’à présent, ni Take-Two Interactive (la société mère de Rockstar Games) ni le studio actuel de Benzies, Build a Rocket Boy, ne se sont exprimés sur ces accusations. Nous compléterons cet article dès que nous aurons reçu une déclaration.

